Argumentaire
Depuis sa création, le congrès GÉOSAT s’est imposé comme un rendez-vous scientifique de référence sur la géomatique appliquée à l’aménagement et au développement des territoires. GéoSAT’23 a interrogé les enjeux de la Régionalisation avancée et du Nouveau Modèle de Développement, en explorant le rôle de l’information géospatiale dans la convergence des politiques publiques territoriales. GéoSAT’25 a ouvert le chapitre de la transformation digitale et de la géomatique avancée vers une gestion urbaine résiliente et inclusive, en mettant à l’honneur les jumeaux numériques, l’IA spatiale et la donnée ouverte. La 3e édition prolonge cet héritage en l’appliquant à un terrain stratégique du Royaume – le littoral – où la géomatique est appelée à passer du diagnostic à la mise en œuvre opérationnelle.
Le littoral marocain concentre plus de 60 % de la population et près de 90 % des activités touristiques et industrielles sur une bande étroite, exposée à l’érosion accélérée, à la submersion et à la salinisation. La complexité de cet espace d’interface – où se croisent SRAT, SRL, documents d’urbanisme, PDR, PDT, stratégies sectorielles et instruments de Gestion Intégrée des Zones Côtières (GIZC) – exige une lecture spatiale fine, dynamique et partagée. La géomatique avancée, en couplant imagerie satellitaire, modélisation hydro-sédimentaire, jumeaux numériques et capteurs in situ, devient l’outil pivot d’une ingénierie littorale prédictive, sobre et reproductible.
Dans ce contexte, l’innovation cesse d’être une option technique : elle devient une nécessité stratégique pour refonder l’action territoriale littorale et propulser une Économie Bleue durable. De la relocalisation intelligente des équipements touristiques, à la gestion adaptative des zones humides, l’ingénierie territoriale offre une capacité inédite de résilience. Cependant, cette transformation doit privilégier une durabilité sobre, fondée sur la nature : restauration des cordons dunaires, régénération des herbiers (piliers du carbone bleu) et démantèlement raisonné des structures inefficaces. L’innovation technique, des matériaux bio-sourcés aux capteurs intelligents, doit servir à renforcer le vivant pour que la mer redevienne une alliée stratégique.
Cette ambition trouve un ancrage concret dans les Plans de Développement Territoriaux (PDT), dont l’un des axes est explicitement consacré au développement durable du littoral. Cette inscription dans les outils de programmation territoriale confirme la place stratégique de la zone côtière comme champ d’application privilégié pour la géomatique mise au service de l’action publique.
Le congrès s’articule autour de trois piliers : l’innovation géospatiale (modélisation prédictive, IA spatiale, jumeaux numériques), la durabilité et la résilience climatique (solutions fondées sur la nature et indicateurs écologiques) et l’ingénierie de mise en œuvre (traduction des données en outils de planification, de développement et de financement du littoral).
GÉOSAT’27 réunira chercheurs, ingénieurs, géomaticiens, géographes, géologues, géomorphologues, écologistes et juristes de l’environnement, aux côtés des élus côtiers, des opérateurs publics et privés, des associations de protection du milieu marin et des professionnels du tourisme et de la pêche. Cette diversité d’acteurs nationaux et internationaux fera du congrès une véritable plateforme de débat autour d’une ambition partagée : faire de la géomatique le langage commun d’un littoral résilient. Les travaux déboucheront sur des actes scientifiques évalués par les pairs et sur une déclaration finale formulant des recommandations techniques et opérationnelles à l’attention des pouvoirs publics et des partenaires techniques et financiers.
Penser, modéliser et bâtir le littoral de demain : par la donnée, par la nature et par l’ingénierie territoriale.